Coiffures afro tendance : qui sont les hairstylists des stars R&B ?

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Ils officient sur la chevelure de Rihanna, Beyoncé ou Nicki Minaj. Le side-hair rasé, la coupe bob ou encore le pixie, toutes ces coiffures afro tendance ce sont eux ! Qui sont ces gourous de la haute coiffure ?

Ursula Stephen, Kim Kimble, Oscar James… Ces noms ne vous disent sûrement rien. Pourtant, ils ont tous apporté leur pierre à l’édifice dans la planète pop stars. En ayant tour à tour révolutionné les codes de la beauté noire américaine – enrayant au passage les tendances dominantes – et osé des réalisations capillaires inédites. A grand renfort de coups de ciseaux, de colorations et d’expérimentations de haute volée, ils ont façonné des coiffures afro tendance et le style de nos princesses R&B, en leur taillant une image unique sur leurs pochettes d’albums et autres artworks. Leurs créations se sont retrouvées shootées par les plus grands photographes de mode en Une de magazines fashion de renom, dans des éditoriaux de choix ou associées à des campagnes de pub de prestige. Comment en sont-ils arrivés là ? Quelles sont les raisons de leurs succès et leurs signatures ? Plongée au cœur des parcours de ces poids lourds de la coiffure étoilée.

 

DES PASSIONNES AVANT TOUT…

Seuls quelques privilégiés sont capables d’intégrer le panthéon des coiffeurs cinq étoiles. Les stars de la pop, de Beyoncé à Rihanna en passant par Marie J-Blige se les arrachent, jonglant d’un hairstylist à un autre en fonction de leurs envies et de leurs besoins. Mais les mêmes noms demeurent. La notion de fidélité fonctionne par cycle, tout en étant solide. La relation coiffeur-star la plus pérenne est sans doute celle qui unit Rihanna et Ursula Stephen. Depuis 2007, cette hairstylist originaire de Brooklyn officie pour l’idole barbadienne. Elle qui – petite fille – coiffait les copines du quartier, n’avait sans doute pas imaginé qu’elle deviendrait une référence dans le milieu de la haute coiffure. C’est avec un bac pro obtenu au lycée Sarah J. Hale de Brooklyn, et quelques stages chez les coiffeurs afro du voisinage, qu’elle fait ses armes. A New York, street culture et mode vont très tôt de pair. L’étoile montante de la coiffure fréquente rapidement les backstages des défilés et les plateaux de shootings. Sa première « VIP » : Khadejia Bass, alors invitée sur le morceau « Ain’t No Nigga (Like the One I Got) » de Jay-Z : « Je ne connaissais pas son travail (…). Je me suis donc comportée de façon tout à fait naturelle, chaleureuse, comme avec n’importe quelle cliente », a confié la styliste capillaire au NY Magazine en 2013. Idem pour Chuck Amos – qui a aujourd’hui plus de 20 ans d’expérience derrière lui – hairstylist émérite aux faux airs de Jean-Michel Basquiat. Retour dans les années 90 : « J’ai fait un shooting avec une fille qui portait des tresses. Je lui ai mis des paquets cadeaux de Noël dans les cheveux… Je ne savais pas qui elle était, et cela ne m’importait guère. Quelques mois plus tard, je me suis retrouvé à Rockfeller center (New York, ndlr). Et la jeune fille est venue me voir en me demandant si j’étais le styliste qui l’avait coiffée (…). Elle m’a dit qu’elle avait besoin de moi pour un tas d’autres projets. Je ne savais pas qu’il s’agissait de Brandy. Et je me suis occupé de toute sa carrière, dès son premier album », a avoué l’artiste capillaire à Oribe Magazine en 2011.

DES ESPRITS REBELLES

Lassée d’arborer la même coupe que toutes les starlettes du R&B, Riri souhaite se démarquer. De son côté, Ursula Stephen a également envie de renouveau. La hairstylist sent qu’il faut innover. Elle a une idée de génie, et décide de couper ! Sans le savoir, et en laissant son énergie créatrice opérer, elle allait révolutionner les canons de beauté en matière de coiffures afro tendance avec la désormais coupe culte : le bob (carré plongeant). Peu à peu, Ursula définit le style de Rihanna, loin des sentiers battus. Quand la mode est à la chevelure de sirène, la professionnelle surfe sur la vague à contre courant et colore la chevelure de la Barbadienne d’un rouge flamboyant. Si l’ensemble des starlettes sont des naïades, alors Ri sera l’héroïne principale en réinterprétant le personnage d’Andersen. Même Madame Wintour comprend qu’une petite révolution est en marche. Avec ce hairstyle, l’auteure d’ « Umbrella » se retrouve à faire la Une du Vogue américain en 2011. L’année suivante, question coiffures afro tendance Ursula frappe encore plus fort avec le pixie cut, qu’elle réalise dans le cadre des Video Music Awards (VMA). Une audace capillaire également auréolée en couverture du Vogue US.

Les Unes de Rihanna pour l’édition américaine de Vogue. A gauche, en 2011. A droite, en 2012.

Les Unes de Rihanna pour l’édition américaine de Vogue. A gauche, en 2011. A droite, en 2012.

Dans la lignée de Halle Berry, une autre femme noire aux cheveux courts et naturels, allait devenir un modèle de beauté et de réussite et inspirer les coiffures afro tendance du moment. La création d’Ursula fait des émules. Elle lance ainsi la vague du court. A tel point que Queen Bey se voit dans l’obligation de riposter un an plus tard. Kim Kimble, autre étoile de la haute coiffure ayant commencé comme shampoo girl dans le petit salon de sa mère à LA, lui crée alors un pixie sur-mesure. Mrs Carter opte toutefois pour le blond, sans doute pour se différencier de sa rivale. Cette coupe fait couler beaucoup d’encre. Sous l’impulsion de Kim Kimble, Beyoncé rompt avec son image de diva à la chevelure XXL : fantasme tenace dans l’industrie de la pop.

(c) @beyonce Instagram

(c) @beyonce Instagram

Ursula Stephen et Kim Kimble ont largement contribué à redéfinir les critères de beauté de la fabrique à nymphettes pop, là où la couleur de la peau se veut à dominante blanche et la chevelure, interminable. Ces hairstylists de stars ont permis à Rihanna et Beyoncé de s’émanciper stylistiquement, de se désencombrer de leurs perruques, de se permette des excentricités souvent copiées mais jamais égalées – inutile de préciser à quel point le side shaved hair de Riri a influencé quantité de jeunes femmes en matière de coiffures afro tendance – et surtout de se façonner leurs identités. C’est en partie grâce aux coupes de cheveux signées Stephen que la girl next door débarquée de son île des Caraïbes est devenue la bad gal Riri que l’on connait : une it girl influente. « Elle a osé couper ses cheveux, puis osé les raser. Elle était cette superbe fille, si rebelle avec ses cheveux qu’elle en est devenue un oxymore. Cela a perturbé tout le monde (…) et a permis aux gens de comprendre qu’on pouvait être splendide, avoir du succès, s’imposer dans l’industrie sans avoir des cheveux jusqu’aux genoux (…) », a expliqué Ursula Stephen en 2013, au Huffington Post.

 

DES CREATEURS DE PERSONNAGES

(c) Instagram @nickiminaj

(c) Instagram @nickiminaj

D’autres petits bouleversements capillaires ont secoué l’inspiration des coiffures afro tendance et les représentations liées à l’idéal de beauté dans la pop music. En marge de la culture mainstream, l’artiste indie Solange Knowles s’est peu à peu imposée sur le devant de scène. Et ce n’est pas uniquement grâce à ses liens de parenté. Son big chop et son afro assumée y sont aussi pour quelque chose. C’est à Chuck Amos qu’elle doit ses frisettes naturelles et voluptueuses. Sa signature : «  Les cheveux démesurément énormes, à la Diana Ross ». Le styliste capillaire avait ajouté, lors de son interview au magazine Oribe, aimer quand il y a « beaucoup de cheveux ; quand ils donnent l’impression de flotter dans l’eau ». Avec Solange, il avait trouvé son modèle. Il est aujourd’hui impossible de manquer la référence à la petite sœur de Bey, quand on évoque une coupe frisée. Amos a contribué à faire évoluer les mentalités en décidant de travailler la chevelure libre de Solange. Il a évité l’écueil disco et a créé une icône nappy. Cheveux naturels ou pas, il est question pour ces stylistes capillaires de fabriquer des personnages : élément indissociable à l’artiste pop. La coiffure fait partie du costume. Il n’y a qu’à voir les coupes fantaisistes de Lady Gaga pour se rendre à l’évidence. A l’instar de ses homologues, Nicki Minaj, la ghetto girl de Trinité, a dû se concocter des alter-ego. Quand la rappeuse décide de jouer les business girls en lançant sa ligne de vêtements en 2013, il lui faut une image de marque. Elle fait appel à Oscar James, un hairstylist originaire de la Caroline du Sud, diplômé en cosmétologie et récompensé d’un Emmy Award pour ses créations. Il connaît l’audace de l’interprète d’ « Anaconda ». James sait qu’il lui faut un style détonnant. Il définit ses racines noires et révèle un blond platine sur une chevelure, cette fois-ci, à rallonge : une façon de clamer qu’une Barbie noire, oui c’est possible !

 

LES COIFFURES AFRO TENDANCE, UN MARCHE A PART ENTIERE

Aujourd’hui, avec plus de 20 ans de carrière au compteur, Oscar James est à la tête de plusieurs salons, à Florence, en Caroline du sud (sa région natale), ou encore à New York. Il a assouvi son rêve de gamin. Le point commun de tous ces créateurs de coiffures afro tendance ? Avoir voulu exercer cette profession dès leur plus jeune âge. Kim Kimble est quant à elle une véritable entrepreneuse, possède deux salons et une gamme de soins capillaires à son nom. Sans compter un portefeuille de clientes impressionnant (Lady Gaga, Shakira, Mary J. Blige, Whitney Houston, en fin de carrière, Britney Spears, Jada Pinkett-Smith etc.). La réputation de Chuck Amos n’est plus à faire. Du studio aux éditoriaux, sa carrière est foisonnante. Tout le gotha des stars américaines fait appel à lui, de Vanessa Williams (Desperate Housewives, Ugly Betty) à Jill Scott, en passant par Kerry Washington. Ce qu’on peut encore lui souhaiter ? « Coiffer Björk » ! Ursula Stephen, qui rêvait d’ouvrir un salon pour cheveux afro et caucasiens, a vu son souhait se cristalliser. Elle a lancé sa boutique à Brooklyn, sur l’avenue Lafayette, restant ainsi fidèle à sa hometown. Elle peut se targuer d’avoir réalisé une pléiade de créations capillaires, pour les red carpet comme pour les éditos de QG, Harper’s Bazaar, Elle et consorts, shootés par Patrick Demarchelier ou bien Karl Lagerfeld. Mais aussi dans le cadre de campagnes de pub (Rihanna pour Mac, Zoë Kravitz pour le parfum Vera Wang…). Ambassadrice de la ligne de produits Motions depuis le printemps 2015, elle compte parmi sa clientèle Rita Ora ou encore Iggy Azalea.

Crédit photo en Une: (c) Facebook – Ursula Stephen et Rihanna

Découvrir le site du salon d’Ursula Stephen

 

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