Rencontre avec Alexis Rosso, intervenant à L’Ecole de Paris

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Spécialiste du cheveu texturé, Alexis Rosso insufflera sa créativité et son savoir-faire aux côtés de Taj et Christelle Clairicia à L’Ecole de Paris du 20 octobre au 2 décembre. Entretien.

Premier établissement du genre, L’école de Paris se consacre à l’apprentissage de la coiffure des cheveux crépus, frisés et bouclés. Son module inaugural se tiendra du 20 octobre au 2 décembre à la Fashion Business Center du Louvre, sous la houlette de coiffeurs émérites ; parmi lesquels Alexis Rosso. Avant le coup d’envoi de ce projet aussi ambitieux qu’inédit, MCA a rencontré l’ambassadeur Mizani, qui nous a parlé de sa vision du secteur, et livré les détails du programme. Avis aux coiffeurs établis !

Comment expliquez-vous le manque de formations dédiées aux cheveux crépus, bouclés et frisés dans le paysage de l’apprentissage de la coiffure en France ?

Avant la création de l’Ecole de Paris, aucun établissement de ce type n’existait. L’école de Paris est donc la première du genre dans la capitale. Depuis 12 ans, seule l’option du défrisage est mise à la disposition des professionnels à l’Ecole d’Etat. J’insiste sur le fait qu’il s’agisse d’une option, et non d’une matière obligatoire. Il n’y a aucune discipline accordée au cheveu frisé, ce qui n’est pas normal dans la mesure où on vit dans un monde de cheveux texturés. Et quand je parle de textures, je ne parle pas de couleurs de peaux. Le cheveu frisé englobe la clientèle maghrébine, caucasienne, juive, africaine et antillaise.

Avez-vous constaté une demande plus accrue de la part des coiffeurs caucasiens pour se former à ce type de cheveux ?

Oui, justement ! Il y a énormément de demandes. Les inscriptions à l’Ecole de Paris ne sont pas réservées qu’aux coiffeurs afro-antillais. Moi qui suis ambassadeur Mizani depuis plus de dix ans, je constate qu’énormément de coiffeurs caucasiens suivent nos formations Mizani by Alexis Rosso. Il m’est même arrivé de rencontrer des employés de salons de coiffure, asiatiques, désireux de maîtriser le cheveu texturé. On est à un moment charnière où les jeunes de la discipline doivent se réveiller, et réaliser qu’il y a un marché à saisir. Les salons de coiffure caucasiens commencent à ouvrir leurs portes à la femme noire. Il y a quelques années, ils avaient une vision du cheveu crépu un peu floue. Les techniques leur semblaient compliquées à maîtriser, et il n’y avait pas beaucoup de produits sur le marché. De fait, les salons ne souhaitaient pas prendre de risques. Aujourd’hui, ces derniers sont prêts à les prendre. Bertrand Bouvard nous a recrutés parce que nous sommes (Taj et Christelle Clairicia, ndlr), aptes à leur apporter de nouvelles bases, et à les suivre. Les salons afro, aussi, doivent ouvrir leurs portes. Il y a un travail à faire des deux côtés, dans la mesure où on vit dans un monde de diversité. Mais nous sommes sur la bonne voie.

(c) Joel DART / Make Up Haydee Ferreira /styliste gregory Ambroisine/ Model Your Angel agence

(c) Joel DART / Make Up Haydee Ferreira /styliste gregory Ambroisine/ Model Your Angel agence

Parlez-nous du cursus à venir. Il sera question d’une formation sur modèle : allez-vous faire le pont entre pratique et théorie ?

Pour ce premier module, nous avons établi un programme-cursus de 20 jours, à raison de 3 jours par semaine (lundi, mardi, mercredi). Nous allons travailler sur modèles vivants. Taj inaugurera la partie théorique avec un programme consacré à la chimie. Christelle, qui est gérante d’un salon Franck Provost (le salon Niwel des Galeries Lafayette, ndlr), et moi, évoluerons sur les bases de markéting et de vente. Un module destiné aux professionnels qui travaillent pour les chaînes en somme. Quant à moi, je m’attacherai à transmettre toutes les bases en matière de mode, de Paris à New-York en passant par Londres et Milan, pour donner un aperçu panoramique sur les tendances du monde. L’objectif étant que les participants puissent acquérir les bonnes techniques de coupes sur cheveu naturel, extensions et tissages, et maîtriser le chignon. Sans oublier les méthodes de transformation de coupes en trois versions, à l’exemple du carré: ou comment changer de mouvement tout au long de l’année en tenant compte de la morphologie du visage. Je donnerai sept jours de cours au total. Dans la mesure où je suis polyvalent, je m’engage à former autant sur les techniques dédiées au salon que sur celles taillées pour le studio. Lorsque l’on sort de l’école, il n’y a pas qu’une seule voie se spécialisation. Je trouve dommage de se limiter à un parcours basique. C’est pourquoi je tiens à apporter une mention artistique à mon programme.

S’agit-il d’une formation qualifiante ? Les coiffeurs recevront-ils un certificat ?

Nous ciblons les coiffeurs déjà diplômés. Nous ne sommes pas une école « diplômante ». Il s’agit d’une école de certification. Nous allons certifier que les coiffeurs passés chez nous ont effectué un stage, et qu’ils sont aptes à coiffer les cheveux bouclés, frisés et crépus. Mais ce n’est pas avec ce diplôme que l’on peut ouvrir un salon. Le CAP et le BP sont obligatoires pour cela. En revanche, un apprenti qui a obtenu son CAP, mais qui n’a pas encore son BP, peut suivre le cursus de l’Ecole de Paris, puisqu’il est déjà reconnu comme coiffeur.

Quels types de modules retrouverons-nous à l’Ecole de Paris dans le courant de l’année ?

Notre objectif en 2016: proposer aux professionnels des formations avec le coiffeur de leur choix. Si certains sont plus sensibles à l’univers de Taj, ils auront le choix de suivre son module. Dans la mesure où, mes acolytes et moi, sommes d’accord sur les principes de base, nous pouvons insuffler chacun notre technique. Le but étant d’offrir un « plus » au coiffeur. A l’issue de la formation de l’Ecole de Paris, le professionnel est capable d’appréhender le cheveu frisé selon trois méthodes ou styles différents. Mais les techniques de base en termes de défrisage, de soins ou d’entretien du cheveu naturel s’appuient sur un tronc commun. Chacun des experts-intervenants a sa propre signature de coiffage, ce qui permet au participant de savoir dans quelle lignée s’inscrire, puis de trouver son propre style.

Connaissez-vous les profils des prochains participants ? Avez-vous le sentiment que les coiffeurs qui s’engagent dans la formation partent de zéro en termes de connaissance du cheveu crépu, frisé et bouclé?

 Le 20 septembre, mes compères et moi sommes intervenus au Mondial de la Coiffure. Il y a eu un certain nombre d’inscriptions. A priori, nous attendons davantage de patrons de salons de coiffure, que d’employés. Ce qui me semble tout à fait cohérent. La formation n’est pas donnée, et il est logique qu’un gérant de salon se forme d’abord pour ensuite former son équipe.

Les inscriptions sont désormais closes. Pour connaître les prochaines dates des modules, rendez-vous sur lecoledeparis.fr

Crédit photo de l’image en Une: Mario Epanya

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