Salon Aminata Paris, la folle ascension d’une passionnée (partie 2)

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Salon Aminata Paris : gérante du salon de coiffure éponyme à Paris (8e), Aminata est à l’origine des poses d’extensions de nombreuses stars, de Hapsatou Sy à Cathy Guetta, mais aussi de madame tout le monde ! Entretien.

Même si Aminata était loin d’imaginer qu’un jour elle deviendrait gérante, une chose est sûre, elle ne se voyait pas officier pour le salon d’un autre. « Je trouvais les méthodes et les prestations des autres salons trop classiques. Pour moi, ils manquaient de renouveau, tout était inscrit dans des cases ». Un manque de prise de risque selon Aminata, qui la pousse naturellement à mener sa propre barque en réinventant les méthodes de coiffures.

Aminata, à l’origine des extensions au fil AmyStand

salon Aminata

Aminata, gérante du salon Aminata

 

« Depuis que je suis toute petite, je n’aime pas me tresser ou me tisser les cheveux. J’ai toujours fait en sorte d’éviter ces solutions de coiffage, quitte à m’acheter une perruque pour la fixer sur ma tête ». Et de poursuivre : « En réalité, je ne supporte pas que mon crâne soit sollicité, que des attaches me serrent. C’est cette sensibilité qui m’a conduite à trouver des façons de me coiffer sans avoir mal». Puis, elle découvre les extensions brésiliennes par l’intermédiaire d’une amie originaire du pays du ballon rond « qui en revenait toujours avec des cheveux magnifiques ». Aminata explique : « Elle revenait avec des cheveux frisés magnifiques ! Je trouvais le résultat superbe, mais la finition à l’intérieur me paraissait un peu grossière, brouillon ». Un constat qui amène Aminata à repenser la technique de l’extension : « J’ai eu un déclic,. progressivement, à force de m’entraîner sur des apprentis, j’ai trouvé ma propre méthode d’accroche, sans avoir recours à la tresse ». Une technique où les extensions se fondent, mèche par mèche, avec les cheveux naturels, et baptisée AmyStrand. Aminata s’affranchit des méthodes traditionnelles, et contribue à démocratiser la sienne (sans colle, ni tresse, ni kératine).  Elle complète : « j’ai développé ma technique de finition car tout est dans la finition, dans le style. Les finitions des extensions AmyStrand  sont parfaites » !

Salon Aminata : un institut où toutes les clientes sont reines

salon aminata

(c) Instagram aminataparis_hair_designer

Clientèle afropéenne ou européenne, célèbre ou lambda : aucune distinction, tout le monde est chouchouté au salon Aminata. « Je fais en sorte de respecter l’intimité de chacune. Il m’arrive de privatiser l’espace quand je reçois une personnalité, mais s’il n’y a que quelques retouches à faire, je peux m’en occuper en présence des clientes ». Comment toutefois justifier un tel carnet d’adresses, à l’heure où la concurrence sévit ? Aminata l’explique uniquement par son travail : « Toutes les célébrités que je coiffe, ce sont elles qui m’ont appelée, ou alors j’ai été recommandée ». En marge des people, la hair designer coiffe beaucoup de VIP à l’instar de Nina Stevens, la femme du patron de Rolex, qui l’amènent notamment à se déplacer à Monaco. « Ces clientes me font voyager dans le monde entier. Elles sont influentes, et le fait qu’elles me demandent personnellement et qu’elles me fassent confiance, c’est une fierté pour moi ».

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Aminata avec Louisy Joseph (c) Aminata Paris

> Aminata et la starisation

Longtemps à l’ombre des peoples, Aminata est aussi « victime » de la starisation. Elle explique : « On ne connait mon visage que depuis deux ans. Avant, je préférais que l’on reconnaisse mon travail plutôt que l’on me connaisse. Je pense que j’ai fait mes preuves aujourd’hui, après 10 ans de carrière ». La hair designer ajoute : « Quand on croise une jeune fille dans la rue, on peut savoir si elle a été coiffée chez nous. On reconnait la signature du salon Aminata Paris. Ce critère est le plus important pour moi, le fait que le style Aminata soit perceptible ». Mais la jeune femme admet ensuite avoir été poussée à communiquer. A l’heure des réseaux sociaux et du marketing 2.0, c’était un passage quasi obligé. Elle a fini par investir la scène Youtube, et celle de Facebook. « Ma présence sur les réseaux sociaux a forcément participé davantage à la popularité du salon Aminata Paris ».

> Salon Aminata : une signature palpable

Aminata Paris

Aminata (c) Aminata Paris

Avec une telle marque de fabrique, le cheveu long de princesse, force est de se demander quels sont les critères de beauté et de féminité d’Aminata. « Je ne porte les cheveux longs que depuis un an. Ce n’est pas tant la longueur qui me plait mais plutôt la netteté : le brushing impeccable ». Et de compléter : « Le cheveu peut être wavy aussi, le plus important pour moi, c’est d’abord le respect du cheveu, qu’il soit naturel et lisse ou à extensions. Cela doit passer par des soins. Au salon, je convaincs beaucoup de clientes de soigner leurs cheveux et de les respecter. On reçoit des filles avec des trous sur la tête au niveau des tempes, et 4-5 mois ou un an après, elles ont des cheveux magnifiques ». Ce qui prime ensuite pour la coiffeuse : le naturel. « On peut ajouter des cheveux, passer du long au court, du frisé au lisse, du blond au brun, mais il faut impérativement que ça reste chic ! Je me bats tous les jours contre la vulgarité : les cheveux jusqu’aux fesses, sans coupe, avec des bosses sur la tête : c’est aux antipodes de mon éthique. Il n’y a qu’à voir les personnalités que je coiffe. Même si leurs extensions sont parfois longues et épaisses, quand on regarde leurs coiffures, on finit par oublier le superflu. C’est ça, ma signature : parvenir à faire oublier le superflu ».

> Le souhait d’Aminata, « que toutes les filles black soient bien coiffées » !

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Cliente du salon Aminata Paris (c) Aminata Paris

Quand j’ai commencé il y a dix ans, je m’étais fixée un objectif : que toutes les filles black soient bien coiffées. Et de conclure : « Je souhaiterais que l’on arrête ces querelles qui opposent les nappy aux jeunes filles qui portent des extensions, la guéguerre entre naturelles VS défrisées etc. J’aimerais qu’on outrepasse ces préjugés – les filles qui se font des tissages chez nous se lavent les cheveux et ont une hygiène de soins ! – qui nous retardent et nous poussent vers le bas ». Selon Aminata, «être nappy et porter des extensions, ce n’est pas un paradoxe. L’un n’empêche pas l’autre, j’en suis la preuve ». C’est sans doute cela, la vision de la coiffure afro moderne.

> Lire aussi notre article sur la présentation du salon Aminata Paris (partie 1)

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